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il y a 3 semaines

Jabberwocky : a melancholic tea-party

C’est à la veille de leur premier concert à l’Olympia que nous les avons rencontré. Tous juste débarqué de Poitier, ils n’ont pas encore vu leur nom illuminer la devanture de la mythique salle parisienne. En 2013, ils étudiaient encore la médecine et passaient le temps en composant quelques morceaux sur leur ordi. « La musique électronique c’est venu par souci de praticité, c’était beaucoup plus simple avec l’ordinateur. » nous explique Camille, « On avait plus envie de composer que de jouer vraiment. Du coup, on s’est retrouvé autour de ça, à chercher ensemble comment ça marche, comment faire, ce qui marchait bien ensemble. »

Photos : @samirlebabtou

 

 

« De fil en aiguille, on a eu quelques démos, quelques trucs qu’on faisait écouter aux potes. » se souvient Simon. « C’était un truc qu’on écoutait entre nous en soirée. Et puis le premier morceau qu’on a sorti, c’était « Photomaton » […] C’est eux qui nous ont poussé à le sortir et nous on était curieux aussi d’avoir des retours. » Et les retours furent bons. On retrouve le titre en rotation radio, mis en avant sur les sites de streaming, intégré dans une pub de voiture. Un tremplin qui pousse les trois garçons à faire une « petite » pause dans leurs études : « On sentait que ça aurait été dommage d’avoir un début d’histoire et de ne pas pouvoir la raconter. » poursuit Simon. Malgré la surprise, ils réussissent à enchaîner en 2014 avec la sortie du projet « Lunar Lane » qui brille par sa cohérence et par une identité musicale très vite affirmée. Une dernière remarque que Manu ne s’explique pas « Naturellement on a fait ce genre de musique ensemble et apparement il y a une patte qui s’est faite. » Un univers onirique, sombre et mélancolique, renforcé par une suite de visuels surréalistes et plein de doubles sens. « On a créé l’univers du groupe par rapport à son nom aussi : Jabberwocky. C’est ce qu’on voulait exploiter, cette univers un peu onirique, fantastique, qu’on voulait retrouver dans les chansons mais aussi dans l’image, les clips, les pochettes. » conclut Camille.

 

 

Dans leur univers onirique, le groupe prend aujourd’hui une nouvelle direction, dont il donnait déjà la piste lors de leurs premiers concerts. Sur ce terrain de jeu, ils réinventent leurs titres et leur confèrent une nature festive. Loin de l’expérience solitaire de l’écoute d’un album, la rencontre avec le public devient pour eux l’occasion de « rendre cette mélancolie dansante ». « On trouve ça cool d’avoir une écoute différente en live » nous explique Simon, « L’ouverture est du coup un peu plus club, un peu plus fête. Mais il y a quand même un truc dans les thèmes qui sont abordés – c’est souvent, soit la séduction, l’amour etc. – qui n’est jamais vraiment premier degré, des trucs à chercher entre les lignes et parfois des choses un peu bizarre. Sur le prochain album, on parle d’histoire d’amour avec une extra-terrestre ou avec un fantôme… » Cette double-lecture, on la retrouve aussi dans l’image, notamment dans la vidéo du titre « Fog« . « C’est toujours des choses qui en imagent d’autres, poursuit Simon, mais je pense qu’on gardera cette idée-là, comme le disait Camille, cet univers de Lewis Caroll ou plutôt d’Alice au Pays des Merveilles, ce truc un peu fou, toujours dans l’absurde, où tout évoque autre chose. C’est un truc qui nous plaît bien en fait. » De Lunar Lane et son univers onirique, on passera donc à un album qu’il décrive comme « solaire », « spatial » et « sensuel », avec, entre les deux l’EP « Make » qui fait office de transition. « C’est ce qu’on voulait faire, c’est ce qu’on voulait explorer. On a voulu évoluer, faire quelque chose qui nous ressemblait plus à ce moment-là. » résume Manu.

 

 

Au fil de ces projets, le trio enchaîne toujours plus de collaborations, qu’ils glanent au fil de leurs découvertes ou via leur label, mais toujours « au feeling » comme le dit Simon, « surtout qu’on aime bien participer à l’écriture du texte et de la mélodie et en général – pas tout le temps – on a déjà une idée de ce qu’on veut. Du coup on échange vachement là-dessus. »

L’entretien se clôt alors sur la liste de leur collaboration rêvées. Dans la liste, une voix mystère signée sur leur label Pain Surprise qu’il tente d’avoir à chacune de leur compo, mais dont il ne nous dévoileront pas le nom. Mais dans les trucs fous, Rihanna, The Weeknd, Jamiroquai… « énormément de trucs fous, mais du coup quand on a des compos, on essaie de changer et d’aller voir d’autres univers » fini Simon.

En attendant la suite, le groupe enchaîne une tournée dans l’hexagone cet été. L’occasion de découvrir quelques titres et d’avoir un premier avant-goût de la suite.

 

Ecrit par Raïda Hamadi

Former Writer - Digital Manager Frank, why did July to us ?

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