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il y a 1 année

William Thomas : « J’ai 18 ans et j’ai arrêté de compter mes clips à 200 »

Chaque domaine possède ses petits prodiges, Arthur Rimbaud a révolutionné la poésie avec Le Bateau Ivre. Il avait 17 ans. Des génies précoces, le rap en génère aussi. C’est le cas de William Thomas qui, à seulement 18 ans, détient une bonne partie de la vidéographie du rap français de ces dernières années. Kalash, Jul, MHD, PSO Thug, XV Barbar, Gradur ont mis leur image entre ses mains. Pour en savoir plus, il a même accepté de sécher les cours pour répondre à nos questions.

 


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Photos : @Samirlebabtou

 

Où est-ce que tu es supposé être en ce moment ?

Un mardi après-midi ? Je devrais être en cours soit en maths soit en français, je ne sais plus. Je travaillais tard hier soir, donc je n’étais pas dans les meilleures conditions pour aller à l’école, mais demain j’y serai ne t’inquiète pas.

 

À l’école tout le monde sait ce que tu fais ?

Oui même le principal, ils sont au courant car au sein du lycée ça a créé un engouement. Les artistes pour qui je réalise des clips sont ceux que la jeunesse écoute, du coup les élèves ont vite compris ce que je faisais. Après le principal a commencé à se poser des questions car j’ai beaucoup d’absences à cause de toutes mes activités. J’ai dû lui expliquer et il a été compréhensif.
Puis ma CPE m’a conseillé de poursuivre le lycée dans une filière professionnelle pour avoir plus de temps libre car elle aussi savait que je réalisais des vidéos. Malgré les cours allégés, j’avais quand même des absences et le principal se posait des questions. C’est à ce moment qu’il a fallu que je lui fasse comprendre que c’était quasiment devenu un travail car les journées et les soirs j’étais amené à tourner. Vu que je suis en « pro », il voit ça comme un apprentissage professionnel.

 


« J’ai dû faire comprendre au principal de mon lycée que tourner des clips était quasiment devenu un travail. »


 

Quel âge as-tu et combien de clips as-tu tournés ?

J’ai 18 ans et j’ai arrêté de compter quand j’ai fait 200 clips. Aujourd’hui je suis entre 200 et 300.

 

Tu as commencé quand et qu’est-ce qui t’a mis dedans ?

J’ai débuté à 15 ans et demi. C’est là que je touche mon premier Reflex et je commence même par la photographie. J’aimais prendre mes potes en photos, on s’amusait avec au début. Après c’est devenu sérieux, on m’a proposé quelques petits shootings à gauche à droite. J’ai touché mes premiers cachets et surtout j’entraînais mon œil. J’ai pû me perfectionner en rencontrant un photographe qui m’a appris à vraiment mieux connaître mon appareil.

 

À quel moment tu as cherché à réaliser des clips ?

Quand j’ai acheté mon premier Reflex, j’étais avec mon cousin. Lui s’occupait de la partie vidéo et moi de la partie photo, on prenait tous les deux des chemins différents tout en restant ensemble. Un jour j’ai accompagné mon cousin sur un tournage et je voulais essayer de monter pour voir ce que ça donne. Au final j’ai commencé et j’ai kiffé. C’était pour un Américain qui était venu en France, il ne faisait même pas de rap.

 

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La première vidéo sur ta chaîne YouTube, c’est un freestyle de BSK du 7 août 2013.

Justement, ce clip c’est mon cousin qui l’a monté. BSK c’est quelqu’un qui faisait partie de notre équipe. C’était un concept qu’on avait appelé les OpenMusic. Avant de toucher à la vidéo et même au monde de la photographie, j’avais un studio d’enregistrement chez moi que j’avais appelé OpenMusic. Je l’avais nommé comme ça car j’avais des potes qui rappaient et qui ramenaient d’autres personnes. J’ai toujours été dans la musique et dans l’informatique… Avant je faisais des sites, j’ai commencé à 11-12 ans et j’avais déjà les premières bases du codage. À cet âge-là, je me demandais comment un site internet marchait, ça me fascinait. Je me posais beaucoup de questions.
Bref, j’ai retrouvé mon cousin en 3ème, on était dans la même classe, c’est à ce moment-là qu’est né l’idée du studio car j’avais 2-3 potes qui rappaient. On a mis de l’argent ensemble et on a fait notre studio. J’avais plus de temps libre que les autres, donc on a décidé de l’installer chez moi. Vu que je ne rappais pas, j’enregistrais les sons et je les mixais. Généralement, on compilait les prises de voix avec des faces B sur YouTube et c’était parti. Au final, un bouche à oreille s’est installé et d’autres gens de notre âge, parfois un peu plus grand, venaient enregistrer. C’est à ce moment-là qu’un rappeur a dit : « Mais pourquoi vous ne faites pas des clips ? » Du coup, on a économisé notre argent pour acheter un Reflex. On était jeune – bon je le suis toujours – on voulait faire d’OpenMusic un empire en proposant plein de choses : vidéo, photographie, musique, informatique…

 

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Quel était ton rapport aux clips avant que tu en réalises toi-même ?

À la fin de l’année 2012, je regardais énormément de clips. La réalisation me fascinait mais jamais je ne me serais dit que j’allais être derrière la caméra. Je trouvais ça incroyable la manière dont les vidéastes arrivaient à créer un univers autour d’un artiste à partir d’une vidéo. Avec mon cousin, on se retrouvait et on regardait des clips.

 

À quel moment, tu as réussi à mettre un pied dans le monde du rap ?

Déjà, j’avais cette base avec le concept OpenMusic et des artistes qui nous avaient sollicités pour qu’on fasse leur clip. Mais c’est surtout quand je suis arrivé en seconde, j’ai commencé à tourner en août 2013 et quand je fais ma rentrée en septembre, je me suis rendu compte qu’il y avait deux-trois rappeurs au lycée. Normal, des mecs de cité qui rappent et qui font des freestyles. Ils ont appris que je faisais des clips et ils ont voulu me tester. Du coup avec mon cousin, on a programmé mon premier « street clip » de rap, à côté de chez moi à Marx Dormoy. C’était un freestyle avec Morfyne et Tidark.

 

 

Rapidement, tu cumules des dizaines et des dizaines de clips, comment se passe ton évolution ?

Oui, ça se fait sur la base de mon réseau et à partir de Facebook car ça marchait de mieux en mieux. Après ma première vidéo, de septembre à décembre, j’avais déjà une vingtaine de clips. Je bougeais dans toutes les cités.
Dès le début je me suis fait payer, même si ce n’était pas grand chose ça me permettait d’acquérir du nouveau matériel. Je ne connaissais pas les prix des clips et j’étais débutant donc j’étais moins cher. J’avais plus l’envie d’apprendre et d’évoluer que d’être gourmand financièrement. Rapidement je fais deux-trois petits sous que j’ai mis de côté, je voulais changer de Reflex et j’avais calculé qu’il fallait que je fasse tant de clips pour en avoir un nouveau. À partir de là, j’ai encore plus kiffé et je n’ai jamais arrêté.

 

J’ai le sentiment que tu es un boulimique de travail, aujourd’hui tu dois recevoir beaucoup de propositions et je suis sûr que tu en refuses peu.

Ce n’est pas faux car je travaille autant avec des artistes confirmées qu’avec ceux avec qui je collabore depuis mes débuts. Premièrement, c’est important car c’est impossible d’aujourd’hui de savoir qui seront les têtes d’affiche de demain. Puis les mecs avec qui j’ai commencé, c’est toujours un plaisir de bosser avec eux. Squadra, Medusa… Ils ont vu mon évolution et m’ont soutenu aussi, ils ont participé à me faire connaître dans d’autres cités. Je suis obligé d’être reconnaissant.

 


« XV Barbar et Niska se connectent pour « Carjack Chiraq », on m’a appelé pour que je transmette le numéro de Niska pour que ça se fasse. Obligatoirement, j’ai profité qu’on me demande le contact pour faire le clip. »


 

Comment s’est établie la connexion avec Niska ?

Le premier clip qu’on a fait ensemble c’est « Allô, Maître Simonard ». Il a entendu parler de moi par un mec de son quartier fin 2014. Quand il a décide de vraiment se remettre dans le rap, il a cherché un autre cameraman que ceux qu’il avait déjà sous la main. La chose qui pouvait l’intéresser à ce moment-là, c’est que j’avais un drone et que j’étais accessible. À cette époque à Paris, ceux qui avaient des drones étaient plus cher et ne faisaient pas de clips de rap. Filmer des cités de cette manière pour un visuel rap, c’était du jamais vu. Du coup, il voulait clipper en faisant des inserts et du playback avec le drone. Après il a kiffe le rendu et du coup il a voulu qu’on travaille ensemble sur la durée. Dans sa tête Niska a déjà sa stratégie et il sait que ça va péter, c’est quelqu’un d’intelligent.
Ensuite XV Barbar et Niska se connectent pour « Carjack Chiraq », on m’a appelé pour que je transmette le numéro de Niska pour que ça se fasse. Obligatoirement, j’ai profité qu’on me demande le contact pour faire le clip. Le rendu est « street », un peu comme les clips américains du genre : dans des apparts avec plein de gens et des gestuelles… Avec ce clip-là, on met le teaser sur ma page Facebook et celles des artistes, on avait 300 000 vues cumulées. Le jour de la sortie, on fait 100 000 vues. Pour Niska c’était énorme, il ne s’attendait pas à ça. XV Barbar avait déjà du buzz mais eux aussi ne faisaient pas autant de vues. Tout le monde le partage, tout le monde en parle… Le drone a choqué les gens et le couplet de Niska est devenu un classique : « Jeune renoi sauvage… »

 

Quelques semaines après le « PSG Freestyle » avec le fameux « Matuidi Charo »…

Oui, il date d’un an seulement et atteint déjà à 46 millions de vues. 46 millions de vues…

 

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C’est là que tout change ?

Ce clip est un concept tout bête. La baraque qu’on a pour « Matuidi Charo », je la voulais pour « Carjack Chiraq ». Pour une question de timing ça n’a pas pu se faire et au final heureusement car on a pu s’en servir pour cette vidéo. L’idée c’est que la transition entre chaque couplet se fasse par une passe un petit peu marrante. Je ne m’attendais pas à autant de vues et autant de reprises. Après, beaucoup de montages ressemblaient à celui-ci.
À cette époque-là, je venais d’avoir 17 ans et les gens commençais à comprendre ce que je faisais et se disent : « C’est qui se mec ? » Surtout dans le 91, il voyait mon nom en se disant que j’étais Blanc, maintenant ils savent que je suis Noir… Immédiatement, ils me comparent à Chris Macari. À partir de « PSG Freestyle » ma côte a augmenté, je me suis même retrouvé à prendre des photos dans la rue.

 

 

Aujourd’hui tu pourrais passer ta vie à faire seulement des clips ?

Je pourrais arrêter les cours et en vivre mais ça ne m’intéresse pas spécialement. Pour l’instant c’est un kiffe, quand ça ne le sera plus je ne continuerais pas seulement pour de l’argent. Si un autre domaine me satisfait, je peux quitter la vidéo du jour au lendemain comme je l’ai toujours fait.

 

Quand à 18 ans, on côtoie quotidiennement des artistes populaires comme : Niska, Jul, MHD, Gradur… Comment on le vit ?

Ce sont des artistes que j’écoutais avant, mais quand je clippe un artiste, ça reste professionnel. Par exemple, je ne fais pas de photos avec lui ou je ne snappe pas le tournage, je préfère que ça reste une surprise. Même vis à vis de l’artiste, je ne veux pas qu’il se dise qu’un fan l’a clippé.

 

Justement vis-à-vis d’eux, tu ne passes pas pour un petit ?

Ils sont au courant que je suis jeune mais ils ne me prennent pas pour un petit. Ils me respectent comme n’importe quel prestataire qui fait un travail pour eux.

 

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Parle-nous du fameux « rap game » ?

Il y a un côté sombre dans le rap game avec beaucoup d’hypocrisie. Tu peux entendre des échos sur plein de choses. Après ça dépend des artistes.
Par exemple pour différentes raisons, tu peux décider de ne plus travailler avec certains artistes, et ça m’est arrivé de recevoir des : « T’as changé ! », « Je t’ai connu quand tu faisais rien ! », « On sait où t’habites »… Plein de trucs.

 

Pour un vidéaste, on peut en arriver là ?

Pour une vidéo même ! Je suis jeune, du coup ils se permettent des choses. Après, c’est un travail comme un autre et personne ne me forcera à faire quoi que ce soit. J’arrive à garder de la distance mais sur certaines histoires, ça fait vraiment mal à la tête. Mais Dieu merci, il ne m’est jamais rien arrivé de grave à cause de ça. Je ne vais pas m’arrêter à quelques histoires pour stopper de clipper, pour moi c’est toujours un jeu.

 

Mais il y a des bons côtés ?

Ça m’a permis de voyager : Dubaï, Monaco, Belgique, Suisse et d’autres destinations prochainement.

 

 

Quels sont les clips dont tu es le plus fier ?

Je me lasse vite de mes réalisations, je me dis à chaque fois qu’on aurait pu mieux faire. Mais celles qui ressortent le plus à mes yeux c’est « Captain Cook » de PSO Thug, « Le gun ou la rose » de XV Barbar, « Gomu Bang » aussi parce qu’il y avait un délire manga avec les chapeaux de pailles en référence à One Piece, le « Fly Emirate » de Niska qu’on avait fait à Dubaï, le premier clip que j’avais fait pour Gradur « Los Santos » avec le bon petit scénario.

 

Tu as 18 ans, tu as plus de 200 clips à ton actif… Tu es déjà un ancien en étant très jeune ?

[Rires] Je ne sais pas si on peut dire que je suis un ancien car tout va très vite avec notre génération. Après il faut rappeler que j’ai fait beaucoup de « street clips » ce qui a fait grossir le chiffre. Je sens aussi que j’ai une marge de progression encore très importante, il y a beaucoup de choses à travailler. Et ce n’est pas parce que j’ai fait des clips pour MHD, Gradur, Jul que j’ai l’impression d’être arrivé. Rien n’est acquis, je ne suis pas un professionnel. C’est loin de m’avoir lassé car en tant que fan de musique le montage c’est kiffant.

 


« À partir de « PSG Freestyle » ma cote a augmenté, je me suis même retrouvé à prendre des photos dans la rue. »


 

Quelle est la suite pour toi à l’école ?

Je ne sais pas s’il y a un avenir à l’école [rires]. J’ai redoublé ma seconde générale à cause de la vidéo, je n’avais même pas le temps d’aller en cours. Et pour ma deuxième seconde, il y a eu Niska, là c’était encore pire. Je pensais reprendre l’école tranquillement mais avec Niska c’était les showcases, les voyages en Suisse, en Belgique, à Dubaï. Je m’ennuierais si j’étais seulement à l’école, je commençais a saturé. J’aime trop travailler et je ne suis pas un grand fêtard. Si Dieu veut, le bac l’année prochaine.

 

Comment tes parents voient ta double vie ?

Au début, ils étaient assez réticents et ils me demandaient clairement d’arrêter et de privilégier l’école. Aujourd’hui, ils sont plus compréhensifs. Ils ont vu quelques clips passer à la télé, je voyage et ils saisissent que ce n’est pas de l’amusement mais professionnel.
J’avais expliqué à ma mère que je voulais faire de la photographie, que je voulais m’acheter un Reflex car j’avais vu une bonne affaire. Mais ensuite c’était plus compliqué, j’allais dans n’importe quelle cité et j’arrivais à pas d’heure. Ils étaient inquiets de savoir leur fils de 15-16 ans dans le 77, 93 ou le 95… J’y allais principalement tout seul, progressivement mon cousin a lâché les clips, avec des gros sacs de matériel. Du coup, ils se posaient beaucoup de questions. Quand ça a commencé à rapporter un peu d’argent j’ai tout expliqué, je leur ai même dit que je devrais viser une école de cinéma.

 

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Tu as le temps pour les filles?

[Rires] En vrai moi j’ai mes périodes, si je suis trop occupé avec les montages, laisse tomber… Enfaite, je n’ai toujours pas le niveau que je voudrais avoir, je ne suis pas encore satisfait. Donc je m’obstine jusqu’à ce que j’arrive à ce jour-là.

 

Maintenant que tu es un vidéaste demandé, comment évolue ta tarification ?

Ça dépend des budgets et de la situation de l’artiste, s’il est signé il y a forcément plus d’argent. Je peux m’adapter. Si on me propose une idée cool, je suis quelqu’un qui aime bien les concepts donc si le budget est amoindri, je peux faire des concessions. Le plus important c’est la qualité du clip.

 


« Par exemple pour différentes raisons, tu peux décider de ne plus travailler avec certains artistes, et ça m’est arrivé de recevoir des : « T’as changé ! », « Je t’ai connu quand tu faisais rien ! », « On sait où t’habites »… »


 

De quelle manière, tu envisages ta future carrière ?

Je ne me vois pas faire des clips jusqu’à je ne sais pas quel âge. Tu fais vite le tour quand tu regardes bien. J’aimerais avoir un champ d’expression plus large.

 

Tu penses au cinéma ?

Oui mais pas tout de suite, c’est beaucoup trop tôt. Mais je kiffe les films, je vais souvent au cinéma tout seul. Parfois sur un coup de tête il est 21h45, il y a un film à côté de chez moi, j’y vais.

 

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Ecrit par Julien Bihan

Rédacteur en chef. Le seul à savoir lors de l’entretien le point commun entre Brit Air, Didier Drogba et un Pokémon qui chante.

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    JokeJohn says:

    Bravo ! Super article sur un « gamin » qui a l’air de ne pas prendre la grosse tête !
    Chapeau les Artistes !
    Bonne continuation et bon courage !

    Fatou says:

    Sékou je t’aime…
    Ma vie mes bb protège nous Allah des flammes de l’enfer…

    Merci la oumma Fatou et Sékhou

      Pispa says:

      Gennerations 97

    Yoshi Nice says:

    Sympa l’article ! Bonne route à lui !

    Pispa says:

    Yeah yeah l aertiste 59