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il y a 11 mois

Chalino Sanchez, la mémoire des cartels

Le 8 janvier dernier, l’annonce de la nouvelle capture du puissant narcotrafiquant Joaquín «El Chapo» Guzmán a presque aussitôt engendré une vague de chansons en son honneur, dans la plus pure tradition de ce que l’on nomme les narcocorridos. Pionnier de ce genre musical hors-la-loi, Chalino Sanchez a donc une nouvelle fois fait planer son fantôme, du Mexique jusqu’à Los Angeles. Retour sur l’histoire de ce Tupac mexicain, dont la vie est au moins aussi rocambolesque que celle d’un baron de la drogue.

 


Article extrait du dernier YARD Paper « Hustlers », disponible ici > oneyard.com/shop


 

COACHELLA : un mort, dix blessés lors d’une fusillade dans une discothèque Le 26 janvier 1992, les nouvelles apportées par le Los Angeles Times ne sont pas bonnes. « Tôt samedi, un chanteur de boîte de nuit a dégainé une arme et a commencé à viser la foule après qu’un homme eut bondi sur scène pour lui tirer dessus, a dit la police. Un homme a été tué et dix autres ont été blessés. Le chanteur, son assaillant et un des spectateurs sont actuellement dans un état critique », précise le quotidien californien, relatant le drame auquel ont assisté les 400 personnes réunies au Plaza Los Arcos. Mais personne ne semble vraiment surpris. Depuis déjà longtemps, les règlements de comptes sont monnaie courante dans les milieux mexicains de la Californie du Sud. Gangrenées par la drogue, certaines zones sont presque devenues un point de chute obligatoire pour les jeunes trafiquants, qui se décident à quitter les collines et les cartels du Sinaloa au Mexique pour venir implanter leurs petits deals dans le Golden State.

 

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Pourtant, c’est un petit chanteur teigneux coiffé d’un Stetson qui se retrouve pris dans la fusillade. Il s’appelle Chalino Sanchez et même s’il vient lui aussi du Sinaloa, il n’est pas directement narcotrafiquant. Lui, il préfère les narcocorridos, ces chansons sanglantes à la gloire des barons de la drogue. Et ce soir-là, Chalino se retrouve propulsé malgré lui dans le décor morbide de ses mélodies. Comme les caïds qu’il décrit, c’est lui qui tire un peu à l’aveugle, sans vraiment réfléchir à ce qu’il fait. Ce n’est qu’en sortant de l’hôpital, où il est emmené en urgence après la fusillade, qu’il se rend réellement compte de ce qui vient de se passer. Lui, le moins-que-rien descendu des montagnes mexicaines, est désormais une superstar. Partout, la presse et le public le réclament, fascinés par ses airs de Pancho Villa et sa gâchette facile. Bientôt, il deviendra l’une des figures les plus légendaires de la musique mexicaine et la simple évocation de son nom suffira à convoquer tout ce que l’imaginaire local a fait de plus crapuleux. Pour certains journalistes avides de formules, il sera même «un croisement entre Tupac et Willie Nelson».

 

Chalino Sanchez est né le 30 août 1960 sous le soleil de plomb de l’État du Sinaloa au nord-ouest du Mexique. Avec son physique sec et son regard dur, il semble dès le début taillé pour la guerre intestine qui ravage cette région aux mains des cartels de la drogue. Son vrai prénom est Rosalino, mais il ne l’utilisera jamais car il trouve que c’est un nom de fille. Dernier d’une fratrie de sept frères et une sœur, Chalino vit une enfance difficile marquée par une grande pauvreté et le décès de son père. Mais c’est un autre événement qui va plus profondément bouleverser son parcours. Alors qu’il n’a que onze ans, son unique sœur est violée par plusieurs hommes qui la renvoient ensuite chez elle complètement nue. Parmi eux figure un caïd du village connu sous le nom d’El Chapo Pérez.

 


« Quand j’ai écouté Chalino chanter pour la première fois, je pense que ma réaction a été celle de beaucoup de gens. J’ai trouvé ça atroce. » Elijah Wald, musicien et historien


 

Pour éviter les problèmes, la famille Sanchez préfère ne rien dire, malgré les fanfaronnades du violeur qui se vante de connaître sa victime dans sa plus stricte intimité. Mais Chalino n’oublie pas. Et quatre ans plus tard, lors d’une fête d’anniversaire de la révolution mexicaine où il croise El Chapo Pérez, l’adolescent décide de régler cette affaire. Pour le supplément dominical du journal mexicain El Universal, Enrique Félix, son cousin, se rappelle cette nuit comme si c’était hier. «El Chapo était en train de danser quand mon cousin a commencé à s’approcher.

 

Chalino était juste à côté de lui, mais il n’a pas voulu sortir son arme car El Chapo dansait avec une femme. Finalement, lorsque la fille est allée s’asseoir, Chalino a sorti son pistolet et «bam bam bam»… Trois balles sont parties et l’une d’elles a transpercé El Chapo qui est tombé au sol. Dans sa chute, j’ai vu que sa main était au niveau de sa ceinture, mais il ne portait pas d’arme», raconte t-il aujourd’hui, avant de conclure: «Chalino a eu raison de le faire.» Présents eux aussi à la soirée, les frères Pérez dégainent aussitôt, une fusillade éclate mais Chalino parvient à s’enfuir. Après deux semaines à se cacher dans les montagnes, il comprend qu’il doit quitter le pays et passe illégalement la frontière direction Los Angeles, chez une de ses tantes. Là-bas, le jeune meurtrier enchaîne les petits boulots mal payés, travaille dans les fermes alentour, puis revient finalement se fixer dans la ville d’Inglewood pour aider son frère Armando à faire marcher un business de trafic de migrants. Durant plus d’un an, ils coordonnent ensemble le passage des clandestins de Tijuana aux États-Unis. Mais leur affaire prend brutalement fin en 1984, lorsque Armando est retrouvé mort dans un hôtel de Tijuana, abattu dans son sommeil.

Le meurtre de son frère est l’élément déclencheur de la carrière musicale de Chalino Sanchez. Alors que ses trafics viennent de l’envoyer huit mois dans la prison de La Mesa, à Tijuana, le petit malfrat réalise que d’ici peu tout le monde aura déjà oublié Armando. Comme des centaines d’autres petites frappes avant lui, son nom ne sera plus que quelques lettres griffonnées sur un registre de la police des frontières. Chalino ne peut se résoudre à cette mort silencieuse. Il décide donc de composer à la mémoire de son frère un corrido, ces chansons folkloriques mexicaines souvent écrites en l’honneur de quelqu’un ayant été assassiné. Réalisant le talent de cet apprenti compositeur, les prisonniers de La Mesa – dont beaucoup sont originaires du Sinaloa – commencent à lui raconter leurs propres histoires dans l’espoir de les voir mises en musique. Aidé par son cousin et codétenu Ismael Sanchez à la guitare, Chalino s’essaie alors aux premières chansons de ce qui va devenir son répertoire. Dès le début, sa musique a donc un goût d’acier. Celui des armes à feu et des barreaux de cellule.

 

Faire parler la poudre

 

À sa sortie de prison, Chalino doit bien se résoudre à gagner sa vie. Reparti à Los Angeles, il commence à laver des voitures puis bascule dans un petit business de marijuana et de cocaïne. Mais via ses anciens amis prisonniers, la rumeur se répand que Chalino Sanchez peut composer des corridos à la commande. De plus en plus, petits voyous et gros bandits le contactent pour qu’il écrive une chanson à la gloire de leurs exploits hors-la-loi. En échange, quand il n’est pas payé directement en argent liquide, le jeune compositeur accepte des cadeaux: montres, chaînes en or ou même armes. Le problème est que ses clients ne veulent pas seulement les paroles écrites de leur corrido. Ils en veulent aussi un enregistrement sur cassette. Puisqu’il ne se considère pas comme un chanteur, Chalino embauche un groupe pour enregistrer ses morceaux. Mais, une fois en studio, alors que les musiciens se révèlent totalement incapables d’interpréter ses chansons, il s’énerve et décide qu’il les interprètera désormais lui-même. «Quand j’ai écouté Chalino chanter pour la première fois, je pense que ma réaction a été celle de beaucoup de gens. J’ai trouvé ça atroce. Je me suis dit qu’il était vraiment un très mauvais chanteur», rigole aujourd’hui encore Elijah Wald, historien et auteur en 2002 du livre Narcocorrido: A journey into the music of drugs, guns and guerrillas. Il est vrai qu’avec son timbre de voix haut perché et ses intonations grinçantes, Chalino n’est pas vraiment un interprète de charme. Au contraire, on a parfois l’impression d’entendre un coq hurlant dans un micro, ce qui lui vaudra rapidement le surnom d’«El gallo de Sinaloa».

 

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«Malgré sa voix stridente, j’ai été très vite fasciné par l’histoire de Chalino. Après tout, un chanteur romantique est peut-être censé être un bon chanteur, mais un chanteur de corridos doit surtout savoir de quoi il parle», enchaîne Elijah Wald. Et il est vrai qu’en écrivant sur commande pour tous les malfrats, les assassins et les trafiquants de drogue, c’est une véritable histoire orale du grand banditisme mexicain qui se dessine peu à peu dans ses mélodies. À tel point que comme le rap devenant gangsta rap à la même période, sa musique marque le passage des corridos aux narcocorridos. Règlements de comptes entre cartels, transferts de kilos de cocaïne et courses-poursuites avec la police fédérale, les refrains de l’ancien prisonnier sont finalement à l’image de ce qui agite chaque jour la région du Sinaloa ou les rues de Los Angeles.

 


« Pendant les concerts, Chalino avait une arme sur lui. Et elle était toujours chargée. » Nacho Hernandez, accordéoniste de Chalino Sanchez 


 

Mais, très vite, cette réalité le rattrape un soir de janvier 1992, dans la vallée de Coachella. Cette nuit-là, la boîte Plaza Los Arcos est pleine à craquer même si Chalino Sanchez n’est encore qu’un petit chanteur inconnu du grand public. Eduardo Gallegos, un mécanicien de 33 ans, a beaucoup trop bu. Il a aussi pris de l’héroïne. Soudain, il monte sur scène et tire au 6,35mm sur l’artiste qui est touché au flanc. «Pendant les concerts, Chalino avait une arme sur lui, et elle était toujours chargée», témoigne pour le magazine LA Weekly son accordéoniste Nacho Hernandez, qui reçoit sur le coup une balle dans la cuisse. Aussitôt, Chalino réplique, le public panique et dans la débandade, Eduardo Gallegos finit au sol, roué de coups par les spectateurs et gravement blessé d’une balle dans la mâchoire. Rene Carranza, un jeune homme de 20 ans, prend quant à lui une balle dans la jambe. Il en mourra quelques heures plus tard, sur le chemin de l’hôpital. À la fin de la nuit, même s’il ne le sait pas encore, les comptes sont finalement tristement bons pour Chalino: un mort, dix blessés, mais bientôt des milliers d’albums vendus.

 

Sortie de scène

 

Propulsé à la une de nombreux journaux californiens à la suite de la fusillade de Plaza Los Arcos, Chalino Sanchez n’a plus rien d’un inconnu. Partout on se bouscule pour écouter ce chanteur pistolero. La musique de l’ancien gamin du Sinaloa s’éloigne donc des cercles criminels pour gagner le grand public. Avec leur goût d’interdit, les cassettes de Chalino Sanchez s’écoulent à une vitesse record. Surtout, le chanteur parvient à toucher un public de jeunes Mexicains-Américains qui ne se reconnaissaient plus dans la musique de leur pays d’origine, comme le précise Elijah Wald: «L’énorme influence de Chalino est d’avoir rendu les narcocorridos populaires à LosAngeles et plus généralement aux États-Unis.

Il y avait une génération entière de jeunes qui ne se reconnaissaient plus dans la musique mexicaine. Du coup, beaucoup d’entre eux s’étaient mis à écouter du rap. Mais quand Chalino est arrivé avec son histoire de fusillade sur scène, tous les Mexicains-Américains ont arrêté, car il était plus voyou que n’importe quel rappeur. C’est comme quand les enfants jouent aux policiers et aux gangsters, personne ne veut être le policier, mais tout le monde veut être le plus gangster des gangsters.»

 

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Pourtant, avec le succès, Chalino réalise qu’il a tout intérêt à faire attention à ce qu’il dit. Peu à peu, il évite de citer expressément certains noms qui pourraient lui causer des problèmes. «Avant, quand il enregistrait un corrido, il n’hésitait pas à prendre parti pour celui qui s’était fait tuer. Dans la chanson, il pouvait insulter le meurtrier, ce qui rendait ce dernier complètement fou parfois. Il a donc arrêté de chanter qu’untel, qui a tué telle personne, est un lâche», raconte son accordéoniste Nacho Hernandez à l’hebdomadaire LA Weekly. Mais même si la nouvelle vedette cherche à s’éloigner peu à peu des ennuis, la fusillade de Coachella semble avoir laissé une empreinte profonde dans la tête de Chalino, dont le comportement commence à changer. Tout d’abord, il décide de donner toute sa collection d’armes à feu à ses amis. Puis, pour acheter à sa famille une maison dans une banlieue riche de Los Angeles, il cède l’intégralité de ses droits d’auteur à sa maison de disques. Désormais, Chalino ne gagnera sa vie que grâce à l’argent des concerts. Malgré les craintes de ses proches et les menaces reçues depuis la fusillade, il décide d’accepter de venir jouer à Culiacán, la capitale du Sinaloa.

 

Ce soir-là, sous les lumières rosées du Salon Buganvilias, une foule de 2 000 personnes acclame le retour du prodige au pays natal. Débarquant sur scène au bras de six jeunes filles en minijupe, Chalino apparaît comme un prince vers lequel se tournent tous les regards. Pourtant, tandis que sa voix de coq déchaîne la ferveur populaire, très peu sont ceux qui remarquent l’inquiétude anormale qui semble agiter le petit homme. Une fois le concert terminé, c’est discrètement qu’il décide de quitter la salle en voiture, accompagné de ses frères, de l’un de ses cousins et de quelques-unes des filles. Mais au niveau d’un rond-point, deux puissantes Chevrolet remplies d’hommes armés les dépassent soudainement et leur barrent brutalement la route dans un crissement de pneus. Dans les souvenirs qu’il confie au journaliste Sam Quinones pour le livre True tales from another Mexico, Carmelo Felix, le cousin de Chalino, revient sur cette arrestation anormale: «Ils étaient tous vraiment très jeunes. Il y avait peut-être un ou deux policiers parmi eux.» L’un d’eux brandit une carte de la police fédérale, la tension monte et les esprits s’échauffent. Le chanteur tente alors d’apaiser la situation en proposant de l’argent aux forces de l’ordre. En vain, en quelques secondes il se retrouve menotté puis jeté sur la banquette arrière de l’un des bolides qui démarre en trombe. Alors qu’il regarde la route défiler depuis la vitre de la voiture, Chalino pense peut-être à sa sœur, à son frère Armando ou à son ancien rival El Chapo Pérez.

 

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Le lendemain matin, le 16 mai 1992, deux paysans se promènent le long d’une autoroute au nord de Culiacán. Malgré la lumière brouillonne du matin, l’un d’eux aperçoit un corps rejeté par le canal d’irrigation de la ville. Le cadavre a les yeux bandés, des traces de corde sur la peau et le visage a été en partie arraché par deux balles tirées depuis l’arrière du crâne. Il s’appelait Rosalino. Mais ce n’était pas une fille.

 

Royalties à volonté

 

Personne n’a jamais pu savoir qui a tué Chalino Sanchez. Mais, au fil du temps, l’aura du chanteur à la voix aiguë et criarde n’en est devenue que plus fascinante. Son portrait est aujourd’hui placardé dans les rues poisseuses des quartiers hispaniques de L.A. et pas un jour ne passe sans que l’une de ses chansons ne résonne à plein volume dans les enceintes d’une voiture volée. Comme un rituel immuable, les plus grands chanteurs actuels de narcocorridos, de Jessie Morales à El Komander, lui rendent sans cesse hommage à travers des centaines de corridos à sa mémoire. «Grâce à Chalino, les narcocorridos sont maintenant très populaires et ce n’est pas près de changer. Les chanteurs continuent d’écrire à la commande pour les narcotrafiquants et les gens continuent d’écouter les corridos pour savoir ce qui a bien pu se passer, comme s’ils regardaient les infos à la télévision», explique aujourd’hui Gabriel Berrelleza, chanteur du groupe Los Cuates de Sinaloa, qu’on a pu apercevoir dans un épisode de la série Breaking Bad.

 


« Pendant les concerts, Chalino avait une arme sur lui. Et elle était toujours chargée. » Nacho Hernandez, accordéoniste de Chalino Sanchez


 

Tous les ans, la date d’anniversaire de la mort de Chalino est donc prétexte à mille et une rééditions douteuses n’ayant pour but que de faire fructifier la marque qu’il est maintenant devenu. Bien loin de l’esprit modeste et campagnard du chanteur, ses fans s’arrachent aujourd’hui les t-shirts, sweats et autres produits dérivés. Dépossédée de tous les droits sur sa musique, la famille de l’idole doit regarder d’un œil blasé cette triste course aux royalties qui se fait désormais sans elle. «Avec mon mari, tout le monde y a gagné quelque chose, tout le monde en a profité, sauf nous. Nous ne nous sommes jamais protégés légalement, donc les gens ont fait tout ce qu’ils voulaient et nous sommes les derniers à en avoir bénéficié», expliquait au Los Angeles Times la veuve Maricela Sanchez en 2004. Faute de mieux, les proches du chanteur ne peuvent que s’émouvoir devant le défilé de jeunes aspirants musiciens qui viennent régulièrement leur témoigner de l’immense admiration qu’ils portent à Chalino Sanchez.

 

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Parmi eux se trouvait Nain Alvarez, un artiste d’à peine 23 ans, tout juste sorti de l’adolescence. Originaire du Sinaloa, il était surnommé «le Frankie Valli de Culiacán» car, comme le crooner italo-américain, beaucoup le soupçonnaient d’entretenir des relations avec le crime organisé. Le 6 décembre dernier, dans une vidéo postée sur sa page Facebook, on pouvait apercevoir un homme armé d’un fusil d’assaut. En fond sonore, le dernier morceau de Nain Alvarez. Deux semaines plus tard, le jeune chanteur était retrouvé mort, transpercé de deux balles dans la gorge et la poitrine, alors qu’il revenait d’une visite chez ses beaux-parents où il était allé voir son fils. «Peut-être qu’ils n’aimaient juste pas sa voix», commentera un policier à la presse locale pour expliquer le motif des agresseurs. Comme beaucoup d’autres avant lui, Nain Alvarez a finalement rejoint la longue liste des chanteurs de narcocorridos morts assassinés. Nul doute que certains ont dû se rendre à l’évidence au moment où ils s’écroulaient sur le bitume poussiéreux d’une ruelle déserte : d’ici à quelques années, tout le monde les aura oubliés. Personne n’aura pris le soin d’écrire de corrido à leur mémoire. Ils voulaient pourtant tous devenir des Chalino Sanchez. Mais tous chantaient beaucoup trop bien pour ça.

 

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Ecrit par Simon Clair

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