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il y a 1 année

Allan Kingdom : « L’église a beaucoup influencé ma musique et mon message »

Perdu au fin fond du Minnesota, Saint Paul est une de ces villes sombres des États-Unis qui depuis peu est frappée par une impulsion artistique nouvelle. À tout juste 22 ans, il a suffi d’une seule collaboration à Allan Kingdom, son featuring avec Kanye West sur « All Day » pour attiser la curiosité et l’intérêt. Depuis, il a sorti son nouvel EP, Northern Lights, un projet de 13 titres sur lequel Kingdom enfile une veste réversible : celle de beatmaker et de rappeur. L’occasion pour YARD d’aller à sa rencontre quelques heures avant son concert à Paris.

 

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J’ai commencé le rap à l’église. Il y avait un petit studio à l’étage et un des musiciens m’a laissé enregistrer quelques morceaux là-bas. Je trouve que ça a beaucoup influencé ma musique, ne serait-ce que par le message positif que j’essaye de transmettre et la vibe générale qui se dégage de mon univers. C’est aussi à travers mes instrus qu’on peut entendre cette influence.


 

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Je n’ai pas été introduit à la musique par le hip-hop. J’habitais dans une petite ville au Canada où les gens ne s’intéressaient pas vraiment au hip-hop et à la culture urbaine. J’ai d’abord écouté beaucoup de musiques africaines avec ma mère qui a grandi en Tanzanie. Le fait de ne pas avoir évolué au départ dans l’univers hip-hop m’a en quelque sorte aidé à me bâtir ma propre identité musicale.


 

 


La culture africaine est très proche de la culture hip-hop. Il y a beaucoup de similitudes dans les sonorités : les mélodies, l’énergie dégagée  ou encore les danses. Ce sont deux univers très proches, plus particulièrement avec la trap d’Atlanta, c’est de la musique rythmée tout comme en Afrique.


 

 

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Quand j’étais plus petit je jouais plusieurs instruments, du saxophone mais aussi du piano. Le problème c’est que je voyageais beaucoup et je ne pouvais pas me trimbaler mes instruments partout avec moi. J’ai donc téléchargé Ableton et je me suis lancé dans le beatmaking.


 

 


Plaint Pat, un producteur avec qui j’ai pas mal bossé, faisait partie de l’entourage de Kanye. À cette période il écoutait beaucoup ma musique et de mon côté je commençais à me faire connaître. Il m’a appelé et m’a demandé de le rejoindre en studio pour bosser avec Kanye. C’était une séance assez intense, il y avait beaucoup d’artistes dont Kendrick Lamar. Tout s’est passé super vite… Il avait déjà presque fini le morceau mais c’est quelqu’un de très perfectionniste qui voulait ajouter quelque chose en plus. Il a donc rassemblé un tas de personnes créatives pouvant l’aider à peaufiner son morceau.


 

 


Northern Lights (son nouvel EP sorti en janvier 2016, ndlr) est une accumulation de son que j’ai enregistré l’année dernière et je trouve qu’il reflète bien les émotions par lesquels je suis passé lors de cette période.  J’ai voyagé dans plusieurs villes, rencontré de nouvelles personnes… Je décrirais ce projet comme une grosse peinture de mon année. Je veux faire de la musique qui fait ressortir nos émotions, de la musique avec laquelle tu peux passer un bon moment et te détendre.


 

 

 

Ecrit par Babacar Diasse

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